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Eternel est son Amour

Quand la France était catholique

22 Juin 2016, 11:09am

Publié par chantal johnston

1ère communion
1ère communion

Quand j'étais enfant,être catholique était une évidence, je ne me posais même pas la question, tout le monde l'était, du moins à mes yeux: Un être humain se demande-t-il s'il est un être humain?

Mes parents avaient ce qu'on appelle la foi du charbonnier, héritée de leurs propres parents.Leur seule source d'alimentation spirituelle était les homélies souvent très pauvres et peu écoutées,des messes dominicales et la prière.Cela n'a pas beaucoup changé pour des millions de catholiques dans le monde.

Quelques photos me rappellent que j'ai été baptisée, "sans tambour ni trompette" à la chapelle de la clinique ou je suis née, à l'âge de 3 jours. C'était la guerre d'Algérie et là-bas tout pouvait arriver!

La pratique à la maison était très simple. tous les soirs au coucher maman s'asseyait sur nos lits et priait avec nous le" Notre Père" et le "Je vous salue Marie" et ensuite nous faisions part au "petite Jésus et à la Maman du ciel" de nos besoins! Du moins maman nous disait nos besoins et nous répétions! Je ne me souviens pas quand ce rituel s'est arrêté, mais longtemps j'ai continué ma prière du soir toute seule, puis les longues soirées passées à étudier ont mis fin pour très longtemps à cette habitude.

La messe dominicale était le point d'orgue de notre pratique. Mais très franchement tout ceux qui nous entouraient faisaient de même, ou du moins c'est ce que mes yeux d'enfants voyaient.

Papa étant militaire ,nous allions à la chapelle des casernes ou il était posté. Je me souviens des messes ou toute la prière eucharistique était dite en silence par le prêtre, ma sœur et moi trouvions cela ennuyeux, mais une de nos tantes nous avaient offert un petit livre d'enfant sur la messe et nous faisions notre petite messe à nous en attendant que le prêtre finisse sa messe à lui! En vacance chez nos grand-parents paternels, nous allions à la messe avec notre grand-mère et quel bonheur de monter avec elle et nos tantes en haut sur le balcon de la chorale!(le grand-père n'y allait pas ,il y avait trop à faire à la ferme!). Je n'ai aucun souvenir de messes pendant les vacances dans ma famille maternelle.

Nous allions dans des écoles catholiques qui assuraient le catéchisme, j'y ai fait ma première communion à 6 ans et ma confirmation l'année suivante. Mais tout cela reste dans un grand flou. Bien sûr nous commencions la journée par la prière. Lors de la kermesse scolaire annuelle, je me souviens avoir vu un film sur Saint Vincent de Paul qui est resté dans mon esprit pendant de nombreuses années, c'est probablement lui qui a réveillé en moi un désir d'agir pour les plus malheureux.

Mais à part cela la religion à la maison était une liste d'interdictions à ne pas transgresser sinon, Il allait nous punir! Comme l'a chanté Julien Clerc, il ne fallait pas faire ci ou ça car "ça fait pleurer l'bon Dieu";Mais Dieu était dans l'air,c'est le cas de le dire, comme mon arrière grand-mère qui était assise dans un coin de la cuisine et qui regardait la famille s'activer autour d'elle sans que nous y fassions trop attention, nous savions quand même que les patates et légumes que nous mangions lors de nos repas avait été épluchés par elle, mais nous n'y faisions pas grand cas. C'était un peu comme cela avec le "Bon Dieu". Les phrases de maman étaient ponctuées de "si Dieu veut" ou "Merci Mon Dieu"

Un autre souvenir est, ce que j'avais vu comme un petit chantage du haut de mes 8 ans: j’étais alors couverte de psoriasis, et les soins rendaient maman folle, elle promit à la Vierge (ou Jésus, je ne sais plus trop) de lui faire une neuvaine de chapelet si j'étais guérie; La guérison n'arriva pas (du moins à cette période) et je ne vis pas la neuvaine de chapelet. C'est d'ailleurs la première fois que j'entendais parler de chapelet, bien que maman aie toujours été très mariale.

J'ai appris que notre école n'était pas "comme les autres (c'est-à-dire catholique), quand j'ai eu l'âge d'aller frapper chez les voisins pour vendre les billets de tombola, une voisine qui pourtant nous aimait beaucoup me renvoya en me disant que ses impôts payaient pour l'école de la république, elle n'allait pas payer pour une autre école! J'ai du demander des explications à mes parents!

De 8 à 12 ans j'étais scout, et je prévoyais d'y être pour de longues années, mais un problème familial a conduit maman à me retirer et j'ai perdu là les quelques amies pour qui Dieu pouvait avoir un sens;

L'adolescence est arrivée, la "révolution" de 68 était en train de faire ses ravages dans la société, mais aussi dans l'Eglise, mais je n'en étais pas consciente.J'ai peu à peu pris le large par rapport à l'Eglise et Dieu, ce n'est qu'avec mon mariage que le chemin de retour a commencé!

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Isabelle95 23/06/2016 11:20

Tu es rentrée en quelle année d'Algérie ?

chantal 23/06/2016 14:54

Moi en 58, j'avais 3 mois, retour pour un mariage en 60. Le reste de notre famille en 62 . Une tante ,son mari et mon grand-père ont tenu jusqu'en 65, puis ils sont rentrés, un an plus tard mon grand-père fort comme un cheval n'a pas tenu le choc,il en est mort!